L'au-delà
(Anc. : La vie après la mort)
par Frédéric
Discours
prononcé le jeudi 22 août 1979 sur la tombe
d’Émile M., au cimetière de
Saint-Pierre-d’Irube, Pyrénées Atlantiques
(France), devant une quarantaine de personnes. À mes pieds
était déposé le cercueil du défunt,
décédé deux jours auparavant à
l’âge de 76 ans. Sa famille et les employés des
pompes funèbres assistaient pour la première fois
à un service de l’Église de Jésus-Christ des
Saints des Derniers Jours. Je ressentais le poids de ma
responsabilité d’orateur. Malgré les énormes
nuages qui assombrissaient l’atmosphère, la pluie ne se
décidait pas à tomber. Les quelque vingt membres de la
branche de Bayonne de l’Église étaient
présents. Après le cantique et la prière, je
m’avançai pour prononcer le discours qu’on
m’avait chargé de préparer :
Tout
d’abord permettez-moi, Madame, de vous adresser mes sincères condoléances.
Chers
frères et sœurs et amis, je prends la parole non pour vous parler du passé
de frère M., mais de son avenir. Beaucoup d’entre vous n’ont jamais entendu
ce que je vais dire et peut-être n’aurez-vous plus jamais l’occasion de
l’entendre de votre vivant. Pourtant ces choses vous concernent,
puisqu’elles touchent frère M.
Brigham Young, qui a vécu de 1801 à 1877 et qui fut le
deuxième président de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers
Jours, a dit, lors d’un service funèbre :
Nous voyons la vie jaillir
tout autour de nous. Où en est la source ? Et comment naît-elle ?
Elle existe pendant un jour, une nuit, un an ou un siècle, puis elle
disparaît ; et qui peut dire où ? qui peut dire ce qu’il est
advenu de la vie qui demeurait dans ce tabernacle, le faisant penser, qui
allumait l’œil d’un feu vivace, et faisait prononcer aux lèvres de la
sagesse ? L’homme mortel peut-il le dire ? Non, à moins qu’il ne
comprenne les choses éternelles. Tout a son origine dans l’éternité. Comme
un nuage qui traverse un ciel bleu, comme un oiseau qui traverse notre
chemin, comme un ruisseau pur qui jaillit d’une source cachée, qui
s’enfonce bientôt dans un ravin de montagne, de même, apparemment, la vie
entre comme un éclair dans cette existence mortelle et passe.1
Chers
amis, en tant qu’enfants de Dieu, nous sommes constitués d’un corps et d’un
esprit. Le corps est de matière terrestre, tandis que l’esprit est de
matière céleste. Le corps est mortel tandis que l’esprit est immortel et
vivait déjà avant notre séjour terrestre. Quelle forme a l’esprit ? Il
a la forme de notre corps, ou en d’autres termes, notre corps de chair est
à la ressemblance de notre corps d’esprit. Lorsqu’un être meurt, son esprit
quitte son corps et continue à vivre dans un endroit appelé le monde des
esprits, ceci en attendant la résurrection, et il en est ainsi pour tous
les hommes qui, depuis l’époque d’Adam jusqu’à la venue glorieuse du
Sauveur, auront vécu ici-bas.
Qu’est-ce
que le monde des esprits ? Qu’est-ce que la résurrection ?
Laissons répondre les Saintes Écritures. Sur la résurrection, le Seigneur
enseigne dans Doctrine et Alliances, section 29, versets 13 et
26 :
Car une trompette retentira
longtemps et avec force, tout comme sur le mont Sinaï ; la terre tout
entière tremblera, et ils ressusciteront – oui, à savoir ceux qui sont
morts en moi, pour recevoir une couronne de justice et être revêtus, comme
je le suis, pour être avec moi, afin que nous soyons un.
Voici, en vérité, je vous le
dis, avant que la terre ne passe, Michel, mon archange, sonnera de la
trompette, et alors tous les morts se réveilleront, car leurs tombes seront
ouvertes, et ils ressusciteront, oui, à savoir tous.
Dans
le livre d’Alma, au chapitre 11, aux versets 43 et 44, nous lisons :
L’esprit et le corps seront
réunis de nouveau dans leurs formes parfaites ; membres et jointures
seront rendus à leurs formes propres, exactement comme nous le sommes en ce
moment ; et nous serons conduits devant Dieu, connaissant comme nous
connaissons en ce moment et nous aurons un souvenir vif de toute notre
culpabilité.
Cette
restauration sera pour tous les hommes, jeunes et vieux, esclaves et
libres, hommes et femmes, méchants et justes ; et pas même un seul
cheveu de leur tête ne sera perdu, mais toutes choses seront rendues à
leurs formes parfaites, comme elles le sont maintenant dans le corps ;
et ils seront cités et amenés à la barre du Christ, le Fils, de Dieu le
Père et du Saint-Esprit, qui sont un seul Dieu
éternel, pour être jugés selon leurs œuvres, bonnes ou mauvaises.
Dans
l’évangile de Luc, les versets 36 à 39 du chapitre 24 rapportent la visite
du Christ à ses apôtres après sa résurrection :
Tandis qu’ils parlaient de la sorte, lui-même se présenta au
milieu d’eux, et leur dit : La paix soit avec vous ! Saisis de
frayeur et d’épouvante, ils croyaient voir un esprit. Mais il leur
dit : Pourquoi êtes-vous troublés, et pourquoi pareilles pensées
s’élèvent-elles dans votre cœur ? Voyez mes mains et mes pieds, c’est
bien moi ; touchez et voyez, un esprit n’a ni chair ni os comme vous
voyez que j’ai. Et en disant cela, il leur montra ses mains et ses
pieds.
Longtemps
auparavant, le prophète Ezéchiel avait décrit le processus de la
résurrection. Au chapitre 37, aux versets 1 à 10, nous lisons :
La main de l’Éternel fut sur
moi, et l’Éternel me transporta en esprit, et me déposa dans le milieu
d’une vallée remplie d’ossements. Il me fit passer auprès d’eux, tout
autour ; et voici, ils étaient fort nombreux, à la surface de la
vallée, et ils étaient complètement secs. Il me dit : Fils de l’homme,
ces os pourront-ils revivre ? Je répondis : Seigneur Éternel, tu
le sais. Il me dit : Prophétise sur ces os, et dis-leur :
Ossements desséchés, écoutez la parole de l’Éternel ! Ainsi parle le
Seigneur, l’Éternel, à ces os : Voici, je vais faire entrer en vous un
esprit, et vous vivrez ; je vous donnerai des nerfs, je ferai croître
sur vous de la chair, je vous couvrirai de peau, je mettrai en vous un
esprit, et vous vivrez. Et vous saurez que je suis l’Éternel. Je
prophétisais selon l’ordre que j’avais reçu. Et comme je prophétisais, il y
eut un bruit, et voici, il se fit un mouvement, et les os s’approchèrent
les uns des autres. Je regardai, et voici, il leur vint des nerfs, la chair
crût, et la peau les couvrit par-dessus ; mais il n’y avait point en
eux d’esprit. Il me dit : Prophétise, et parle à l’esprit !
Prophétise, fils de l’homme, et dis à l’esprit : Ainsi parle le
Seigneur, l’Éternel : Esprit, viens des quatre vents, souffle sur ces
morts, et qu’ils revivent ! Je prophétisai selon l’ordre qu’il m’avait
donné. Et l’esprit entra en eux, et ils reprirent vie, et ils se tinrent
sur leurs pieds : c’était une armée nombreuse, très nombreuse.
L’apôtre
Jean nous dit :
Ne vous étonnez pas de
cela ; car l’heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres
entendront sa voix, et en sortiront. Ceux qui auront fait le bien
ressusciteront pour la vie, mais ceux qui auront fait le mal ressusciteront
pour le jugement.2
Voyons
à présent ce qu’il advient de l’esprit de l’homme entre la mort et la
résurrection :
Souvenons-nous
des deux malfaiteurs qui furent crucifiés en même temps que Jésus, l’un à
sa droite, l’autre à sa gauche. À propos de l’un d’eux, nous lisons dans
l’évangile de Luc, chapitre 23, versets 42 et 43 :
Et il dit à Jésus :
Souviens-toi de moi, quand tu viendras dans ton règne. Jésus lui
répondit : Je te le dis en vérité, aujourd’hui tu seras avec moi dans
le paradis.
La
réponse de Jésus a été commentée par Joseph Smith, qui fut le premier
président de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Il a
dit :
Les ministres du culte de
notre époque ont raconté bien des choses au sujet des paroles de Jésus que
celui-ci adressa au voleur, alors qu’il était sur la croix, disant :
Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis. Mais qu’est-ce que le
paradis ? C’est un mot moderne. Il n’y a rien qui signifie paradis
dans le mot original grec. Mais il dit : Ce jour tu seras avec moi
dans le monde des esprits, et je t’enseignerai tout à ce sujet et je
répondrai à tes interrogations !3
Souvenons-nous
à présent du matin où Marie de Magdala se rendit
au tombeau de Jésus et pleura parce que le corps du Maître avait disparu.
Dans l’évangile de Jean, chapitre 20, versets 15 à 17, nous lisons :
Jésus lui dit : Femme,
pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? Elle, pensant que c’était
le jardinier, lui dit : Seigneur, si c’est toi qui l’as emporté,
dis-moi où tu l’as mis, et je le prendrai. Jésus lui dit :
Marie ! Elle se retourna, et lui en hébreu : Rabbouni !
c’est-à-dire, Maître ! Jésus lui dit : Ne me touche pas ;
car je ne suis pas encore monté vers mon père. Va trouver mes frères, et
dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre
Dieu.
Nous
apprenons ici que lorsque Jésus ressuscita, il n’était pas encore monté
vers son Père. Et nous posons la question : Si dans l’intervalle entre
sa mort et sa résurrection son esprit n’était pas monté vers son Père, où
donc s’était-il rendu ? Le Nouveau Testament répond à cette
question : Pendant que son corps était au tombeau, son esprit se
rendit dans le monde des esprits, qui sont appelés les esprits en prison.
C’est l’apôtre Pierre qui nous enseigne à ce propos :
Christ aussi a souffert …ayant
été mis à mort quant à la chair, mais ayant été rendu vivant quant à
l’esprit, dans lequel aussi il est allé prêcher aux esprits en prison, qui
autrefois avaient été incrédules, lorsque la patience de Dieu se
prolongeait, aux jours de Noé.4
Pierre ajoute
:
Car l’évangile a été aussi
annoncé aux morts, afin que, après avoir été jugés comme les hommes quant à
la chair, ils vivent selon Dieu quant à l’esprit.5
Dans
l’intervalle entre sa mort et sa résurrection,
Jésus a non seulement prêché aux esprits dans le
monde des esprits, mais les révélations modernes nous
apprennent qu’il a aussi organisé l'oeuvre de
prédication parmi les esprits. Ainsi, aujourd’hui encore,
l’Évangile de Jésus-Christ est prêché
dans le monde des esprits, et les détenteurs de la
prêtrise comme frère M. participent à cette
œuvre.
La
prêtrise est l’autorité venant de Dieu d’officier en son nom pour le salut
de l'humanité, et frère M. a
reçu cette autorité dans l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers
Jours, c’est-à-dire le royaume de Dieu sur terre.
Au sujet du
monde des esprits, Brigham Young a dit :
Le monde des esprits est-il
ici ? Il n’est pas au-delà du soleil, mais il est sur la terre qui a
été organisée pour les gens qui y ont vécu, y vivent et y vivront.
Supposez
que le Seigneur vous touche les yeux pour que vous voyiez, pourriez-vous
alors voir les esprits ? Oui, aussi clairement que vous voyez maintenant
les corps, comme le serviteur d’Élysée put le
faire. Si le Seigneur le permettait, et s’il était de sa volonté que cela
se fasse, vous pourriez, aussi clairement que vous voyez maintenant les
corps avec vos yeux naturels, voir les esprits qui ont quitté ce monde.
Jésus
a été le premier homme qui soit allé prêcher aux esprits en prison,
détenant les clés de l’Évangile du salut à leur intention. Ces clefs lui
ont été remises le jour et à l’heure où il alla dans le monde des esprits,
et il s’en servit pour ouvrir la porte du salut aux esprits de la prison.
Les esprits qui demeurent dans
ces tabernacles et sur cette terre, lorsqu’ils les quittent, vont
directement dans ce monde des esprits. Quoi ? Une multitude
d’habitants dans l’esprit se mêlant les uns aux autres comme ils le font
ici ? Oui, frères, et ils y sont ensemble, et s’ils se fréquentent, se
rassemblent en clans et en sociétés comme ils le font ici, c’est leur
droit. Il ne fait aucun doute qu’ils voient, entendent, conversent et traitent
plus ou moins les uns avec les autres.6
Dans
le film L’homme à la recherche du bonheur, produit par l’Église de
Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, le
narrateur fait le commentaire suivant :
Comme
si vous quittiez une pièce sombre pour entrer dans la lumière, par la mort
vous parviendrez en un lieu de réveil pour voir des êtres chers vous
attendre afin de vous accueillir.
Personnellement,
je crois en ce miracle rendu possible par l’expiation et la résurrection de
notre Sauveur, dont je témoigne, au nom de Jésus-Christ, amen.
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